Philippe Alcoy
Alors que la chute du Mur de
Berlin et l’effondrement de l’ex-URSS et du « bloc soviétique » en
Europe Centrale et de l’Est étaient fêtés dans les pays capitalistes du monde
entier comme le « début d’une nouvelle ère de démocratie, de paix et de
liberté », dans le territoire de l’ex-Yougoslavie on se préparait à
déclencher la guerre la plus sanglante sur le sol européen depuis la Seconde
Guerre Mondiale (SGM). Cependant, ce dénouement tragique d’une histoire
mouvementée pourrait être considéré plutôt comme « la règle qui confirme
l’exception » par rapport à l’évolution relativement
« pacifique » du processus de restauration capitaliste dans les
autres pays de la région. En effet, étant donné la brutale régression sociale
et économique, la baisse soudaine du niveau de vie et la dégradation des
conditions de travail, les drames sociaux et personnels qui en découlaient, l’augmentation
fulgurante du chômage de masse et la croissance exponentielle des inégalités et
de la corruption qu’impliquait la réintroduction du capitalisme dans ces pays,
ce qui devrait nous étonner c’est qu’il n’y ait pas eu plus de
« Yougoslavies » en Europe Centrale et de l’Est.