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19.7.20

Satán Aclara (Cuba)…


Que je l’ai déjà dit, personne ne m’arrachera mes cheveux, feuilles de bananier qui rappellent mes origines. Résiste. Do you have a sweet heart? Le cœur serré comme des sardines en boîte. Emboite les pas du cheval. Deux par deux, les uns derrière les autres ; les autres derrière un cheval. Un son. Un train a un jour volé ; il a décollé et c’était le début de leur descente aux enfers. Satan. « Se acabó la diversión ». Se les acabó la diversión, Che. Terre de bouleversement où brûle un soleil souterrain ; terre réchauffée par en bas. Pas bon pour les moutons. Un drapeau fier ventilé, drapeau cubain écrit de contradictions, majuscules, de contrastes bleus, à l’image des coups de pinceau qu’un regard en soulèvement jeta sur toute la ville. Satin (qu’ici se traduit par « fin »).      

(Voir l'album photo associé ici)         

25.6.20

Avant dix heures...



Tout ce qui se passe avant 10 heures relève en fin de comptes de la violence.
Et je me reconnais dans l’image d’un boxeur des weekends,
Contenant son souffle,
Retenant toute sa puissance,
Pour, au moment exact, relâcher sa force
Contre sa cible.
Tant de force,
Tant de précision,
Tant de concentration,
Pour une cible si minable.
Ainsi je me sens,
Avant dix heures.
Ce matin.

13.6.20

[PHOTOS] Tourbillon de couleurs…


Drôle de cuisine où l’on fabrique des plats de toutes les couleurs. Ca mouline et remouline. Pastel. Des formes par ci, des formes par là. Déformés. Dentifrice pour dents en papier mâché. Etalage de légumes de toutes les températures, venus de régions où il fait davantage vert qu’orange, et vice versa. Autrement dit, des bleus où il ne fait jamais rouge région. Le tout mélangé dans une salade goût arc-en-ciel. Pastel. Travaille ! Sous le regard d’animaux clients, commanditaires. Et le tout tourbillonne. Dans la tête. Dans l’espace. Au bout de pinceaux. Pointus, pointes, menaçants coups de traits avant de se faire adoucir par des caresses couleur moite laissant la trace d'une sculpture, témoin de leur tendresse. 

Voir l'album photos ici.

4.6.20

Etoile de mer filante...



Cette nuit je me suis réveillé au fond de l’océan,
J’y suis allé voir des étoiles de mer filer,
Tout est si immense.
Des baleines m’ont ignoré,
Pressées qu’elles étaient d’aller piller l’air de la superficie.
Super. Ficelles. Superficielles. Des fils firent-elles ? Défis.
La nuit, loin d’une rive,
Proche du milieu,
Loin de l’autre rive.
Vers le milieu de l’eau, le fond en perspective,
Comme une ancre qui n’est pas chinoise mais il fait si noir.
Nuit ébène. Océan ébène. Pieuvre.
La superficie est impuissante,
Il vaut mieux rester au fond.   

14.5.20

Les gens de l'Escalier...


“Em cada esquina que eu passava um guarda me parava,
Pedia os meus documentos e depois sorria,
Examinando o 3x4 da fotografia,
E estranhando o nome do lugar de onde eu vinha...” (Belchior).

21.3.20

La nuit c’est le pire...


La nuit c’est le pire. Quand le silence s’abat sur les objets tout autour et que l’obscurité voile mes yeux. Les battements de mon cœur, forts, très forts, avancent vers mes oreilles comme des pas menaçants. Je teste ma respiration pour vérifier que je suis vivant et que je le serai encore à la prochaine exhalation. Dans la tête tout se concentre. Accélère. Concentre. La nuit est faite pour dormir. La nuit ce n’est pas le meilleur moment pour dormir. Ce que j’ai fait. Ce que je n’ai pas fait. Qu’ai-je fait pour mériter ceci. Que n’ai-je pas fait pour ne pas mériter cela. La nuit, la colombe de la paix c’est un beau corbeau. Imbécile et niaise volaille contre rusé messager des ombres. Je te préfère, avec ta noirceur de vérité aiguisée, au malheur enrobé de rameau d’olivier…

9.3.20

Bailarina…


J’ai fait un rêve dont les personnages étaient sortis tout droit de mon enfance. Mais pas enfants, grandis. Avec des problèmes d’adultes. Avec de maigres joies d’adulte aussi. Problèmes d’adultères. J’ai décidé de mentir. Il n’y a pas de preuves de toutes manières. Mon témoignage ce sont des lettres muettes. Or, c’est vrai. Photographiquement vrai. Pas moins que moi l’avons ressenti. Paris est une ville peuplée de gens des horizons. Des gens de soleil ne l’ayant depuis longtemps pas vu. Ou très rarement. Un mouvement d’aller sans retour en sachant que le tout fait une boucle, et que l’on revient au début en allant de l’avant, changé. J’ai décidé de mentir car dans mon rêve il y avait trop de réalité pour être agréable. Un cauchemar que j’ai construit de toutes pièces. Avec des gens que j’ai trop croisés le lendemain lors d’une veille qui ne prévoyait rien. La mémoire est traîtresse, je m’en souviens. Des rêves on ne garde que des réveils cauchemardesques…