Philippe Alcoy
Qu’elle semble loin l’époque où le triomphalisme
néolibéral prêchait « la fin de l’histoire » et nous présentait le capitalisme
comme le « meilleur système possible ». Une période où l’on racontait
aux travailleurs et aux masses que la lutte des classes n’était que de
« l’idéologie » et qu’il fallait laisser agir librement le marché
qui, combiné (éventuellement) à la démocratie bourgeoise, allait régler tous
les problèmes de la société. Et les faits étaient là pour le confirmer :
l’effondrement de l’URSS, ainsi que la chute des dictatures, la mondialisation
néolibérale et l’ouverture des « marchés » aux capitaux impérialistes.
Mais ces « transitions » dans la périphérie capitaliste (Amérique
latine par exemple, dans les années 1980) et dans le « bloc
soviétique » (après 1989-1991) ont été précédées de celles dans les
« maillons faibles » du petit cercle des puissances impérialistes
européennes : au Portugal, en Grèce et dans l’État Espagnol. En effet,
après la déviation démocratico-bourgeoise de la « Révolution des
Œillets » de 1974 qui a mis fin à la dictature salazariste au Portugal et
celle de la révolte contre la Junte des Colonels en Grèce la même année, ainsi
que la « transition pactisée » entre le franquisme et la monarchie
constitutionnelle dans l’État Espagnol à la fin des années 1970, ces pays
étaient présentés comme des « modèles » pour le reste des pays
« en processus de transition ». Aujourd’hui ces pays sont à nouveau
sur le devant de la scène mais pour d’autres raisons : la crise
capitaliste la plus grave depuis celle des années 1930 a ébranlé profondément
leurs économies, le niveau de vie des travailleurs et des couches populaires a
subi un effondrement dramatique et les régimes politiques issus justement de la
« transition » sont en pleine crise. Mais c’est aussi les résistances
de plus en plus fortes de la part des masses qui les poussent sur le devant de
la scène !

