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16.12.16

« C’est la faute aux Rroms ». Sur une (petite) bagarre dans les transports en commun


Philippe Alcoy

Le T1 c’est l’un des pires moyens de transport de l’Île-de-France. Pauvre moyen de transport. Moyen de transport pour les pauvres. Bondé sans relâche. Cette fois, ce n’était pas une exception. Au milieu d’anciens, d’adolescents, de malades, de gens fatigués – tous debout, mais pas la nuit – une mélodie. Une langue étrangère. Une mélodie solitaire. Dans cette grisaille ? Un fou ! Le tram s’arrête. Une foule descend. Une autre foule monte. Le tram continue. À nouveau la mélodie. Toujours solitaire. Toujours dans une langue étrangère. Toujours cette sensation de folie au milieu de la normalité aigrie. Cette fois j’aperçois l’artiste.

18.6.16

Anecdote. Euro 2016: un autre visage des supportes...


 
Philippe Alcoy

Dans le RER. Rouge et blanc vêtus, Polska autour du cou. Deux supporters polonais montent à Aulnay sous Bois. Je les regarde. Rouge peau, blancs cheveux et bleues yeux. Je me demande comment peuvent ils venir ici juste pour le foot. Ça n'a pas de sens. Pour moi. Peu importe. Deux femmes rrom montent quelques stations plus tard. Deux enfants aux bras. Je n'ai même pas remarqué que les polonais les avaient remarqué. J'observe comme toujours leurs discussion et gestes. Essaye de deviner à quoi elles pensent et invente leurs histoires. Un polonais se lève et offre sa place à la femme rrom. Petit rayon de bonheur dans cette journée...

16.6.16

The Gypsies’ Tortuous Journey


Philippe Alcoy

The migration crisis has clearly shown the structural nature of racism and xenophobia in Europe. The Roma people are among the most oppressed in the continent; in France, there has been a rapid rise in anti-Roma racism, not only from right-wing groups, but also from the state and its institutions.

18.4.16

Bulgarie. « Je suis ton égal ? Est-ce que je suis un tzigane, moi ? »


Philippe Alcoy
 
Il s’agit de deux minutes trente de pure humiliation et de violence envers un adolescent rrom en Bulgarie. Son « tort » ? Avoir osé affirmer que lui et son agresseur étaient égaux. Forcé à se mettre à terre, le jeune rrom au visage terrifié a reçu des coups de pieds à la tête et à l’estomac, ainsi que des insultes, dans une situation profondément humiliante. Son agresseur, après avoir filmé la scène, a posté la vidéo sur les réseaux sociaux, apparemment pour se vanter de sa « prouesse ».

18.9.15

Grenoble. Petite expulsion de Rroms entre voisins


Philippe Alcoy
Publié le 14 septembre 2015

« Dehors, dehors ! » scandait la foule enragée devant les grilles de la maison. « Pourquoi vous ne les prenez pas chez vous ? », « Sale p*te ! », « Les petits vieux qui crèvent de faim tu t’en occupes ? », lançaient encore les riverains aux soutiens de la famille rrom. Après l’intervention de la police, celle-ci a été expulsée de la maison qu’elle occupait sous les cris de joie des « citoyens ». Une femme sort en pleurs. « C’est la meilleur décision madame, ne pleurez pas », lui lançait, joyeux et moqueur, un des « délogeurs ». Au milieu des riverains on aperçoit le propriétaire, le sourire aux lèvres.

12.12.14

(Il y a un an) Simulacre de déportation...


Le 27 novembre 2013 le « camp » (bidonville) de Rroms le plus important du 93 à Saint-Ouen était démantelé par la police. C'est la mairie Front de Gauche de l'époque (depuis c'est la droite qui dirige la ville) qui avait accéléré la procédure d'expulsion en interpellant le ministre de l'intérieur Manuel Valls lui-même.

27.6.14

Le lynchage d’un jeune rrom, l’Etat est le principal responsable !


 

Philippe Alcoy
Source: CCR du NPA

Depuis des années les responsables politiques, UMP et PS, à la tête de l’Etat impérialiste et raciste français, sont dans une sorte de compétition pour voir qui mène la campagne la plus stigmatisante à l’égard des Rroms. Vendredi 13 juin, ces discours nauséabonds ont eu leur corollaire tragique : un jeune rrom de 16 ans, Darius, a été retrouvé à Pierrefitte-sur-Seine sauvagement frappé sans doute par un groupe d’individus habitant son quartier. Un vrai lynchage. Darius était soupçonné d’avoir cambriolé un ou plusieurs maisons du quartier. Tous les partis politiques « condamnent » l’événement… y compris le FN. Le comble du « cynisme républicain » !

8.1.14

De l’esclavage à la sous-prolétarisation: le parcours tortueux du peuple Rrom


 
(Manifestation de rrom à Paris en 2004)

Philippe Alcoy
Source: CCR du NPA


« Eh bien, Hitler, il en a peut-être pas tué assez [de Rroms] ». Voilà la phrase que Gilles Bourdouleix, maire UDI de Cholet (49), lançait cet été à un groupe de « gens du voyage » qui se faisaient expulser du terrain qu’ils occupaient. Voici peut-être l’expression, du point de vue du discours, la plus radicalisée d’une tendance profondément réactionnaire qui se développe en France, mais aussi dans toute une série de pays européens : le racisme anti-Rrom.

15.12.13

« ENSEMBLE »… dans la dissimulation !




Philippe Alcoy
Source: CCR du NPA

« Ensemble », c’est le nom du nouveau regroupement « à la gauche du Front de Gauche » né les 23 et 24 novembre dernier. L’une des principales composantes de cette « coalition » est la FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologiste), parti de la maire de Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon, depuis 2009. Dans un communiqué daté de vendredi 29 novembre, « Ensemble » qualifie « d’insupportable inhumanité » l’expulsion de 800 Rroms à Saint-Ouen ce mercredi 27 [1]. Mais dans ce communiqué, outre le fait de ne pas mentionner qu’il s’agit d’une mairie Front de Gauche, on donne une version plus qu’étonnante du rôle tout à fait néfaste de la majorité municipale.

29.10.13

Le PS et « l’affaire Leonarda » : du cynisme au pathétique



Philippe Alcoy

« Je n’irai pas seule en France, je n’abandonnerai pas ma famille (…) Je ne suis pas la seule à devoir aller à l’école, il y a aussi mes frères et mes sœurs ». Voilà comment répondait Leonarda Dibrani, collégienne Rrom de 15 ans expulsée de la France vers le Kosovo le 9 octobre dernier, aux déclarations cyniques de François Hollande lui proposant de rentrer en France pour poursuivre ses études… mais sans sa famille !

17.10.11

Hongrie : le travail obligatoire imposé aux Rroms est une attaque contre tous les travailleurs !


Il y a quelques jours en France on découvrait, à travers des reportages réalisés par des chaînes de télévision françaises, le travail obligatoire imposé à la population Rrom au chômage dans le village hongrois de Gyöngyöspata (à 70Km au Nord-est de Budapest ; 2800 habitants). Il s’agit effectivement du même village, dirigé par un maire appartenant au parti fascisant Jobbik, qui il y a quelques mois était devenu tristement célèbre pour des défilés de milices proto-fascistes et la fuite en urgence de près de 300 femmes et enfants rroms vers Budapest devant la tenue imminente d’un « camp d’entrainement » organisé par l’une d’entre elles, Vederö (liée au Jobbik).




 

Ce dispositif de travail obligatoire, qui s’applique officiellement à tous les chômeurs, dans les faits ne s’impose qu’aux travailleurs Rroms. En effet, pour continuer à toucher leurs allocations les travailleurs au chômage doivent réaliser des travaux d’intérêt public comme travailler sur des sites de construction, nettoyer les rues ou entretenir les parcs et forêts. Les conditions de travail sont très dures. Comme en témoigne le dirigeant du « Mouvement des droits civiques hongrois », Sandor Szöke : « avant d’arriver sur le lieu de travail, les personnes doivent parcourir environ 7,5 km. Elles enchaînent dix heures de travail sur la journée. Elles nettoient un terrain boisé en vue de la construction de résidences pour la classe aisée. Les outils semblent tout droit sortis du XIXème siècle : on travaille à la faucille ! Il n’y a rien à disposition : pas d’eau, pas de toilettes, pas d’abri contre le soleil, pas de protection contre les guêpes... C’est humiliant. Le dirigeant du chantier, du parti d’extrême-droite Jobbik, n’a pas hésité à brusquer une dame de 58 ans à demi-paralysée pour qu’elle aille plus vite. La paye est de 180 euros bruts mensuels, pour un travail qui aurait pu être fini en une après-midi par des tracteurs  » (La Tribune de Genève, « La Hongrie met en place des camps de travail obligatoire », 1/10/2011).


Cette mesure raciste et anti-ouvrière s’appuie sur les préjugés les plus rétrogrades d’une partie de la population de Gyöngyöspata, mais qui sont répandus dans toute la Hongrie (et ailleurs en Europe), selon lesquels les Rroms seraient « par nature » des « fainéants », des « voleurs » et des « fauteurs de trouble ». En effet, « un représentant officiel du Jobbik à Gyöngyöspata aurait affirmé que la population non rom soutenait cette mesure, étant donné que les vols avaient diminué  » (Euractiv.com, « La Hongrie met les Roms au travail », 21/9/2011). Cependant, en même temps une commerçante de Gyöngyöspata déclarait : « on n’a jamais eu vraiment de problèmes avec les Roms. [Certains] disent qu’il y a eu des vols de poules dans leur quartier, mais ça s’arrête la (…) Le problème, c’est l’emploi. Depuis vingt et un ans, la sucrerie a été privatisée, puis fermée. Il n’y a plus de travail pour les Hongrois, alors pour les Roms… » (L’Humanité, « La marche des milices hongroises sur Gyöngyöspata », 4/10/2011).

Même si pour l’instant cette mesure affecte principalement la population Rrom, elle ne tardera pas à toucher l’ensemble des travailleurs au chômage de Hongrie. Gyöngyöspata n’est qu’une « expérience de laboratoire » prête à s’appliquer sur tout le territoire. Le premier ministre Viktor Orban, de la droite nationaliste-populiste (Fidezs), l’a dit lui-même il y a quelques mois : « La Hongrie ne versera plus ‘d’indemnités à des gens capables de travailler, alors qu’il y a tant de travail à faire’  » (Idem). Cela veut clairement dire que derrière ce nationalisme nauséabond, qui vise à « punir » et humilier la population Rrom, se cache une attaque profonde contre l’ensemble du prolétariat de Hongrie. C’est pour cela que le mouvement des travailleurs de Hongrie, qu’ils soient hongrois ou rroms, doit se mettre à la tête de la lutte contre ces mesures réactionnaires.

La crise économique et un gouvernement de plus en plus bonapartiste 

 

Pour bien comprendre la situation, il ne faut pas perdre de vue que cette attaque contre les travailleuses et travailleurs au chômage s’inscrit dans le cadre d’un plan d’austérité très dur mis en place par un gouvernement de droite nationaliste de plus en plus autoritaire.

En effet, la Hongrie est l’un des pays d’Europe les plus touchés par la crise économique mondiale. En 2009 le PIB a chuté de 6% et le taux de chômage officiel est passé de 7% en 2008 à près de 11% actuellement. L’impact de la crise a été tel qu’en 2008 la Hongrie a dû demander « l’aide » du FMI et de l’UE qui lui ont concédé un prêt de 20 milliards d’euros à condition d’appliquer des « réductions drastiques de dépenses étatiques ». Autrement dit, en échange de dures attaques contre les conditions de vie et de travail des travailleurs et des couches populaires.

En avril 2010, après huit ans de gouvernement d’un parti socialiste (MSZDP) complètement discrédité et haï par la population à cause des différents affaires de corruption [1], des scandales politiques [2] et des premières mesures d’austérité prises après l’accord avec le FMI et l’UE, la droite populiste, le Fidesz de V. Orban, gagnait les élections avec une écrasante majorité de 2/3 au parlement (263 sièges sur un total de 386). En même temps, le parti xénophobe et proto-fasciste Jobbik entrait pour la première fois au parlement avec 47 sièges (obtenant huit fois plus de voix qu’aux élections de 2006).

Avec une telle majorité V. Orban avait les mains libres pour gouverner tout seul, imposer n’importe quelle loi, y compris modifier la constitution à sa guise. Même si pendant la campagne Viktor Orban avait fait de la démagogie en promettant de baisser les impôts, de renégocier les conditions du prêt du FMI et de l’UE, de relancer l’investissement de l’Etat, etc., dès les premiers jours de son gouvernement il a abandonné ce discours pour devenir l’apôtre de la « rupture », du « renouveau de l’Etat » et de « l’austérité » pour « relancer l’économie ». Ainsi, en juillet 2010 le ministre de l’économie György Matolcsy déclarait : « Le gouvernement hongrois poursuivra la politique des réformes structurelles dans les domaines qualifiés comme important par nos partenaires tels que ceux du système fiscal, de la santé publique et du transport en commun (…) Le but du gouvernement est que la Hongrie devienne le plus rapidement possible un des pays les plus compétitifs et stables de l’Europe centrale  » (LesEchos.fr, « Le gouvernement hongrois se pliera aux exigences de réformes du FMI et l’UE », 18/7/2010).


Comme on peut le constater, la « rupture » et le « renouveau » ne voulaient pas dire autre chose que, d’une part, des attaques contre les travailleurs et, d’autre part, de la « compétitivité » et de la « stabilité » pour les capitalistes. C’est précisément dans ce cadre que le gouvernement a entrepris un tournant de plus en plus bonapartiste. Tout d’abord il a commencé par créer une ambiance « d’unité nationale » qui allait même au-delà des frontières hongroises. En effet, une des rares « promesses électorales » tenue immédiatement a été la facilitation de l’obtention de la nationalité hongroise et l’octroi du droit de vote pour les « Hongrois de souche » vivant dans les pays limitrophes. Cela a créé des tensions notamment avec la Slovaquie où vit une importante minorité Hongroise dans le Sud du pays, proche de la frontière avec la Hongrie ; mais aussi avec la Roumanie où récemment un nouveau parti disant « défendre les intérêts de la minorité hongroise » a été créé sous la tutelle de V. Orban. C’était une façon pour lui de se forger une certaine « base électorale » chez les « Hongrois de l’extérieur ».

Ensuite, profitant de son écrasante majorité au parlement, Orban s’est occupé d’éliminer ou de neutraliser toute opposition au sein de l’appareil d’Etat. Par exemple, « en réaction à l’invalidation par la Cour constitutionnelle d’une mesure budgétaire phare du premier ministre fin octobre, les députés ont purement et simplement interdit à la Cour de se prononcer sur tous les textes concernant le budget, les taxes et les impôts, sauf si ces derniers touchent à l’exécution de traités internationaux ou aux droits fondamentaux. Petit à petit, Viktor Orban s’emploie à placer des fidèles à tous les postes clés de l’Etat : présidence de la République, présidence de la Cour des comptes, procureur général… » (LeMonde.fr, « Une Hongrie en pleine dérive autoritaire prend la tête de l’Europe », 31/12/2010). Fin décembre 2010, le parlement votait une loi imposant le contrôle par le gouvernement sur la presse : dorénavant un « Conseil des Médias » composé de cinq membres, tous du Fidesz de V. Orban, peut imposer des amendes allant jusqu’à 90 000 euros pour la presse écrite ou en ligne, et 720 000 euros pour les chaînes de télévision, si elles ne respectent pas « l’équilibre politique » ou « entravent la dignité humaine »… des notions qui ne sont évidemment pas définies par cette loi.

Mais l’ « œuvre majeure » qui exprime ce tournant du régime politique en Hongrie est l’adoption en avril dernier d’une nouvelle constitution entièrement écrite par le Fidesz. Dans celle-ci on trouve des références à Dieu, à la famille traditionnelle [3] et aux racines chrétiennes de la « Hongrie millénaire », ainsi que des ambiguïtés quant à la possibilité d’interdire l’avortement [4] ou de ne pas sanctionner les discriminations envers des homosexuels et les minorités nationales comme les Rroms. Mais également, d’une part, on y octroie le pouvoir au « conseil monétaire de la banque centrale, qui sera composé de membres proches de Viktor Orban, (…) le droit de dissoudre le Parlement si le budget n’est pas adopté conformément aux normes du nouveau texte constitutionnel. Ainsi, même s’il se trouve dans l’opposition après les élections législatives de 2014, Viktor Orban pourra, via le conseil monétaire, dissoudre le Parlement  » (RFI.fr, « La Hongrie adopte une nouvelle Constitution ultra-conservatrice », 18/4/2011) ; et d’autre part, on limite le pouvoir de la Cour Constitutionnelle en ne lui permettant d’annuler les lois votées au parlement concernant le budget, la fiscalité ou les douanes que si elles violent le droit à la vie, la dignité humaine ou certaines libertés individuelles.

De cette façon le gouvernement de Viktor Orban s’assure une très large liberté pour imposer tous types d’attaques contre les travailleurs et les couches populaires, et pour « arbitrer » entre les différentes classes et fractions de classe [5], sans être gêné par les quelques mécanismes de soi-disant « contre-pouvoir » qu’offre le cadre légal de l’Etat bourgeois. C’est d’ailleurs ce que reconnait le journal conservateur allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung qui considère que « malgré ses défauts, cette Constitution fournit à Viktor Orbán "les bases d’un gouvernement plus efficace"  » (Presseurop.eu, « La Constitution qui inquiète l’Europe », 19/4/2011).

Contre les politiques racistes ! Contre les plans d’austérité !

 


C’est dans ce contexte d’une plus grande concentration du pouvoir dans les mains de la droite populiste et particulièrement de V. Orban, qu’ont commencé à être appliquées des mesures d’austérité très dures contre les travailleurs. Par exemple, dans le cadre du plan d’austérité dit « Plan Széll Kalman », présenté par le gouvernement en mars dernier, en plus des coupes dans le budget de la santé et du gel des salaires des fonctionnaires, on annonçait qu’à partir de janvier 2012 « les allocations chômage ne [seraient] versées plus que 3 mois contre 9 actuellement (…) Le premier mois de chômage sera indemnisé à hauteur de 90% du salaire net, puis les second et troisième à hauteur de 80% et 70%. Une décision que le ministre [de l’économie] a justifié par le fait que ces allocations "n’incitent pas à revenir sur le marché du travail". Concrètement, une personne employée au salaire net de 80.000 HUF (300 euros) mise au chômage ne touchera plus que 56.000 HUF (210 euros) au troisième et dernier mois de ses allocations, après quoi elle devra se contenter de 28.500 forint (100 euros) de revenu pour survivre » (Hu-lala.org, « Les allocations chômage réduites de 9 à 3 mois », 14/4/2011). D’autres mesures ont aussi été annoncées comme la fin des « retraites anticipées » avec effet rétroactif. Autrement dit, on pourra remettre au travail des personnes ayant déjà pris leur retraite anticipée quelques années auparavant. Cette mesure pourrait toucher entre 100 000 et 150 000 personnes.

En juillet le gouvernement a présenté également un projet de réforme du Code du Travail où l’on donne la possibilité au patron « de licencier plus tôt ses employés placés sous la période de protection. Ainsi, ils pourraient obtenir l’annonce de leur licenciement durant cette période. Cela concerne notamment les femmes enceintes ou en congé maternité, les employés en congé maladie de longue durée, ceux soignant un parent à domicile  ». Aussi, « le gouvernement souhaite introduire le licenciement immédiat à la place du licenciement exceptionnel en vigueur jusqu’ici. Cela entraînerait l’annulation du droit de défense de l’employé, contre les objections relatives à son travail et son comportement avant la résiliation du contrat de travail. De plus, même si le tribunal constate que le contrat de travail a été résilié illégalement, l’employeur ne serait plus obligé de verser les salaires restants car la relation de travail aurait cessé au moment de la déclaration de l’employeur, sans que le jugement du tribunal devienne exécutoire » (Le Journal Francophone de Budapest, « Adieu aux droits des employés ! », 5/9/2011).

On comprend alors que les mesures racistes contre les chômeurs Rroms prises par le maire Jobbik du petit village de Gyöngyöspata rentrent tout à fait dans la dynamique réactionnaire imprimée en Hongrie par le gouvernement de l’ex « dissident » anti-communiste devenu national-populiste, Viktor Orban. D’ailleurs, comme on le disait précédemment, il compte déjà reprendre l’idée du maire Jobbik du travail obligatoire pour les chômeurs et l’appliquer à tout le pays. Un projet qui, selon le gouvernement lui-même, affectera entre 300 000 et 400 000 travailleurs (dont 100 000 travailleurs Rroms).

Cette attaque n’est donc pas seulement dirigée contre les Rroms mais contre tous les travailleurs en Hongrie. Il est alors indispensable qu’en premier lieu le mouvement ouvrier de Hongrie se mette à la tête de la lutte contre ces attaques racistes du gouvernement Hongrois et de ses complices néo-fascistes du Jobbik, mais aussi contre tous les « plans d’austérité » dictés par le FMI et les impérialistes de l’UE. En ce sens, la manifestation du samedi 1er octobre, qui a rassemblé 50 000 personnes à Budapest, est un premier pas. Et cela malgré la politique traitresse des bureaucraties syndicales qui demandent simplement à ce que le gouvernement soit plus « ouvert au dialogue », sans appeler ni organiser une grève générale, seule capable de tordre le bras au gouvernement.

Mais en ces temps de crise capitaliste mondiale, la lutte contre les plans d’austérité imposés aux travailleurs et aux couches populaires des pays comme la Grèce ou la Hongrie n’est pas seulement l’affaire des masses de ces pays. C’est aussi l’affaire de tous les travailleurs du continent. En France par exemple, il y a quelques mois seulement Laurent Wauquiez déclarait que les personnes bénéficiant du RSA devraient être obligées d’effectuer 5 heures de travail gratuites par semaine, ce qui a été repris dans un rapport remis à N. Sarkozy il y a quelques jours par Marc-Philippe Daubresse. Parallèlement, la dégradation des conditions de vie et de travail dans les pays de l’arrière-cour de l’UE touche aussi les travailleurs des pays impérialistes d’Europe qui sont victimes des fermetures d’usines pour cause de délocalisation vers ces pays où la main d’œuvre est plus exploitée. Par conséquent, face aux « plans d’austérité » des capitalistes et de leurs gouvernements il n’y a pas de raccourcis possibles : seule la lutte des travailleurs, de la jeunesse et des couches opprimées de la société et la solidarité internationaliste des travailleurs de l’Europe pourront les arrêter et poser les bases d’une issue révolutionnaire et socialiste à la crise !
12/10/2011.

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[1] « Le dernier scandale en date remonte au 19 mai 2010. Des représentants du Fidesz ont diffusé une vidéo à la municipalité du 11e arrondissement de Budapest montrant Janos Wieszt, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie de la capitale, recevoir une enveloppe de 2 millions de forints (environ 7.400 euros), en 2007. Ce dernier a admis figurer dans la vidéo mais prétend ne pas avoir compris que c’était un pot-de-vin » (Regard-est.com, La « Révolution des deux tiers » en Hongrie à l’épreuve de la réalité », 15/6/2010).
[2] En septembre 2006, un mois après son élection, l’ex-premier ministre Ferenc Gyurcsány apparaissait sur une vidéo avouant que son parti avait « menti du matin au soir » lors de la campagne électorale. Cela avait déclenché des émeutes dans le pays.
[3] On peut y lire par exemple : « La Constitution protège l’institution du mariage, considéré comme l’union conjugale entre un homme et une femme, et l’institution de la famille ».
[4] Il y est également écrit « La vie du fœtus sera protégée depuis la conception ».
[5] Il y a quelques semaines, le gouvernement a décidé de décharger une partie de la dette des foyers hongrois endettés en devises étrangères, en particulier en franc suisse, sur le secteur bancaire (notamment sur les banques autrichiennes). Selon cette nouvelle loi, les Hongrois endettés en devises (environ 15 milliards d’euros au total) bénéficieront d’un taux de change « préférentiel » pour rembourser l’argent emprunté : 180 Forints (HUF) au lieu de 234 pour un franc suisse (CHF) et 250 HUF au lieu de 280 pour un euro. La loi a été votée à cause de la valorisation vertigineuse du franc suisse (25% en 6 mois) et la perte estimée pour les banques serait proche de 1,5 milliards d’euros. Cependant, cette mesure ne favorise que la petite partie des débiteurs aisés possédant une épargne à la hauteur de sa dette puisqu’une fois faite la demande de remboursement à taux préférentiel, le débiteur n’a que 60 jours pour payer la totalité de sa dette.

1.12.10

Avanza la “construcción europea”… ¡del racismo anti-Rom!

Jueves 2 de septiembre de 2010

Es sabido que en tiempos de crisis las tendencias más reaccionarias de la burguesía aparecen de forma más abierta y que los personajes encargados de propagar todo tipo de prejuicios racistas y xenófobos se revelan totalmente desacomplejados para hacerlo. Esta vez en Francia el gobierno decidió lanzar una ofensiva racista contra los inmigrantes Rom originarios del Este de Europa, esencialmente de Rumania y Bulgaria, lo que se suma a la campaña de estigmatización permanente contra los inmigrantes de los países pobres en general y contra los magrebíes y africanos sub-saharianos en particular.
La actual campaña se desató a partir de un incidente ocurrido el 16 de julio pasado en una pequeña ciudad francesa, Saint-Aignan, donde una comunidad de gitanos franceses atacó una comisaría luego del asesinato de uno de sus miembros, un joven de 22 años, por un gendarme. Este hecho le vino como anillo al dedo al gobierno ya que se produjo en un momento en que la popularidad del presidente Nicolás Sarkozy se encontraba en los niveles más bajos desde 2007 (66% de opinión negativa), en que el descontento por la reforma de las jubilaciones aumentaba y en el medio de un escándalo de corrupción que envuelve al ministro del trabajo, Eric Woerth. En efecto, pocos días después, en un comunicado Sarkozy declaraba: “Los acontecimientos ocurridos en Loire-et-cher [departamento en donde se encuentra Saint-Aignan] resaltan los problemas que provocan los comportamientos de ciertos individuos pertenecientes a la comunidad de “las personas del viaje” [“Gens du voyage”, gitanos franceses] y a los Rom. Realizaré una reunión sobre el tema (…) Esta reunión examinará la situación y decidirá sobre las expulsiones de todos los campamentos en situación irregular” (“Déclaration de M. Le Président de la République sur la sécurité”, 21/7/2010).
Este comunicado marcó el inicio de un vendaval de declaraciones des varios ministros sobre la “integración” de los Rom y “les gens du voyage”, los “retornos voluntarios” (expulsiones) de Roms hacia sus países de origen, la lucha contra la delincuencia de estas comunidades, vehiculando todo tipo de prejuicio, y hasta sirvió para presentar nuevas medidas para facilitar el quite de la nacionalidad francesa a extranjeros que delincan, etc. Finalmente, según el propio ministro “de la Inmigración y de la identidad nacional”, E. Besson, entre el 28 de julio y el 17 de agosto se expulsaron a 979 ciudadanos búlgaros y rumanos (es decir un promedio de 47 personas por día). De éstos, 159 fueron expulsados por la fuerza y 828 partieron “voluntariamente” (mediante una “indemnización” de 300 euros por adulto y 100 euros por niño). También, se desmantelaron más de 40 campamentos Rom en un lapso de solo 15 días.
Todo esto se efectúa en el marco de un plan de expulsiones masivas de “sans-papiers” que se llevan a cabo desde hace unos años en Francia para reconfortar al electorado de la derecha más dura y reaccionaria. Es así que en 2008 se expulsaron a más de 8.000 Roms y en 2009 a más de 9.800.

“Ciudadanos europeos” de segunda y de tercera categoría

La Unión Europea (UE), siguiendo su política de semicolonización de los ex Estados obreros burocratizados del Este europeo, integró en su seno en 2007 a Bulgaria y a Rumania (primer y segundo país más pobre de la UE respectivamente). Sin embargo, esta adhesión se realizó con ciertas restricciones para ambos países. Por ejemplo, éstos están sometidos a un “Mecanismo de Cooperación y de Verificación (MCV), que le permite a la Comisión Europea medir la progresión [de estos Estados] hacia las normas del Viejo Continente (…) Por más que este mecanismo no limite formalmente [a Rumania y a Bulgaria] como países miembros, deja la puerta abierta a sanciones y a bloqueos de fondos estructurales, como se produjo hace 2 años” (Courrier Interntional, 21/7/2010). Otra restricción concierne el derecho a circular libremente dentro de la UE. En efecto, los ciudadanos rumanos y búlgaros pueden circular en los países europeos pero su estadía no puede superar los 3 meses; para poder quedarse deben conseguir una autorización para trabajar, encontrar un empleo con un contrato de duración indeterminada y el empleador, además, debe pagar un impuesto adicional de por lo menos 800 euros. Esto constituye de hecho una barrera al empleo “en blanco” para estos “ciudadanos europeos” de segunda categoría.
Son justamente Bulgaria y Rumania que albergan la mayor parte de los Rom en Europa y es de estos países que proviene la mayoría de los Roms que emigran hacia los países imperialistas de la UE. Esta población padece en sus países de origen un desempleo que puede llegar a ser 10 veces más importante que el resto de la población activa, por ejemplo, el desempleo de los Rom en República Checa es de 70% y en Bosnia es de ¡99%! El acceso a la salud y a la educación de los Rom es muy limitado y el aprendizaje en lengua romani prácticamente inexistente... Frente a esta situación, la UE pregona la continuidad de la segregación: “La libertad de circulación, que será total para los rumanos y los búlgaros en 2013, será de hecho limitada para los Rom ya que se les exigirá que tengan recursos suficientes” (Le Monde, 28/7/2010). Es así que los Roms además de padecer las restricciones impuestas a todos los ciudadanos rumanos y búlgaros por la UE, deben soportar una carga suplementaria que comienza en sus países de origen.

Frente al veneno chauvinista de la burguesía, ¡solidaridad obrera internacional!

El objetivo de la burguesía francesa es evidente: designar un “chivo expiatorio” para dividir a los trabajadores para preparar el terreno para descargar la crisis sobre éstos. Sin embargo, esta política xenófoba no es una exclusividad de la burguesía francesa sino un “patrimonio reaccionario comunitario”. En efecto, “recientemente la municipalidad de Copenhague solicitó la ayuda del Estado para expulsar cerca de 400 Roms. En Bélgica, 700 entre ellos fueron expulsados de Flandre hacia Wallonie. En Italia esta política se aplica desde hace años. Alemania expulsa jóvenes Rom hacia Kosovo, por más que hayan nacido en suelo alemán y que solo hablen la lengua de Goethe” (Courrier International, 16/8/2010).
La reacción en los países de donde provienen los Rom no está menos marcada por el chauvinismo, el discurso sobre la “pureza nacional” y el racismo anti-Rom.
En Bulgaria las autoridades, ante las expulsiones de los Roms búlgaros (en realidad los primeros expulsados hacia Bulgaria no pertenecían a la comunidad Rom sino a la minoría turca) de Francia, conservan un silencio que no puede ser más que una prueba del desprecio hacia esa población. En este país, incluso el representante del partido Rom, Euroroma, dice “apoyar plenamente” la decisión de Francia de expulsar a los Rom, ya que cuenta con un calculo político miserable en el que el retorno de sus compatriotas podría abrirle las puertas de un puesto ministerial.
Esta situación de racismo y de segregación social y económica que sufre la población Rom se repite en prácticamente todos los otros países en donde están presentes: de República Checa hasta el Kosovo, pasando por Hungría, Eslovaquia, Serbia, Bosnia, Albania y Macedonia, sin olvidar a los países imperialistas de Europa, entre otros. Es por eso que ante los discursos xenófobos y racistas de las burguesías locales los trabajadores no se deben dejar engañar y deben defender a sus hermanos de clase. El proletariado de Europa debe levantar como propia la bandera de la defensa de los derechos nacionales y culturales de las minorías en toda Europa. Pero esto solo puede lograrse con la auto-organización de los trabajadores y con una política obrera independiente de las distintas variantes reformistas y burguesas de “izquierda” o “republicanas”. Estas corrientes solo buscan rédito electoral y llevan a los trabajadores hacia un callejón sin salida.
En este momento en que los capitalistas despliegan todo su odio de clase contra los sectores más explotados y oprimidos de la sociedad y los designan como los “culpables” de una situación que ellos mismos crearon para descargar más fácilmente el peso de la crisis económica mundial sobre las espaldas de los trabajadores, las masas populares y sus familias, los trabajadores deben responder: ¡Los capitalistas son los únicos responsables, entonces, que la crisis la paguen los capitalistas!

Sarkozy dice bien alto lo que todos los imperialistas hacen por lo bajo

24/9/10

Hace unos días se dio a conocer una circular del Ministerio del Interior francés del 5 de agosto destinada a todos los prefectos de Francia. En la misma se podía leer: “El Presidente de la República ha fijado objetivos precisos, el 28 de julio pasado, para la evacuación de los campamentos ilícitos: 300 campamentos o implantaciones ilícitos deberán ser evacuados en tres meses, prioritariamente los de los Rom (…) Esto implica para cada uno de los sitios afectados determinar sin demoras las medidas jurídicas y operacionales para lograr el objetivo fijado sitio por sitio (…) Los prefectos (…) asegurarán (…) la realización mínima de una operación importante por semana (evacuación/desmantelamiento/expulsión), prioritariamente de los Roms”.
El lenguaje abiertamente racista y xenófobo contra los Roms utilizado en esta circular produjo una avalancha de reacciones reprobatorias de diversos dirigentes políticos, tanto franceses como europeos. Tal vez la más resonante fue la de la luxemburguesa Viviane Reding, Comisaria Europea de la Justica y de los Derechos Fundamentales de los Ciudadanos, el día 14/9. Ésta declaró: “pensaba que Europa no sería más testigo de este tipo de situaciones después de la Segunda Guerra Mundial” y que denunciaría a Francia en la Corte de Justicia Europea.
Esto provocó varias reacciones indignadas de dirigentes franceses, como la de Chantal Brunel, portavoz de la UMP (partido de Sarkozy), quien declaró que Francia “no tiene por qué recibir lecciones morales de una comisaria [europea] que representa a un pequeño país de, creo, 350.000 habitantes” o incluso la del mismo Sarkozy quien, según un senador de la UMP, dijo que si “los luxemburgueses quieren [a los Rom], no hay ningún problema”. Un fugaz escándalo inter-europeo se desató en medio de una cumbre de la UE. El Presidente de la Comisión Europea, José Manuel Barroso, salió a defender a la comisaria luxemburguesa, así como otros países; algunos hablan incluso de una “discusión viril” entre Barroso y Sarkozy. Solo Silvio Berlusconi, predecesor de Sarkozy en la política anti-Rom, y el gobierno checo respaldaron las medidas francesas. Sin embargo, en pocas horas todos salieron a calmar la situación: unos diciendo que hubo un mal entendido y que no se quería comparar a las deportaciones de poblaciones en la Segunda Guerra y a la política actual del gobierno francés; los otros negando todo intercambio violento. Es que “la mayoría de los países europeos llevan adelante la misma política que Francia hacia los Rom, que no son bienvenidos en ningún lado, pero evitando la retórica un poquitín xenófoba utilizada por la derecha francesa. Alemania acaba de firmar un acuerdo con el Kosovo que prevé la repatriación de 12.000 Roms –de los cuales 5.000 son niños- refugiados en ese país desde hace más de diez años” (Presseurop.eu, 16/9). A pesar de todo este “teatro democrático” y de los discursos sobre los Derechos Humanos y los “valores europeos”, absolutamente nadie denunció a la “Europa fortaleza” que expulsa a miles de inmigrantes “ilegales” por año y que impone todo tipo de barreras para el ingreso a territorio de la UE a los ciudadanos de los países pobres.

Una política racista… dentro de los marcos de la legalidad burguesa

Uno de los puntos que se discutió en torno a la política francesa fue la “legalidad” de las deportaciones de “ciudadanos europeos” hacia sus países de origen. En un principio, el gobierno francés indicaba que no se trataba de “expulsiones” ya que la mayoría de los Roms partían “voluntariamente”. Si bien en los papeles muchos Roms rumanos y búlgaros aparecen como “voluntarios a partir”, ya que aceptaron una “indemnización” (300 euros por adulto y 100 euros por niño), la realidad es que esto se producía luego del desmantelamiento de los “campamentos” (en realidad “villas miseria”) Roms declarados ilegales y de que cientos de personas se quedaran en la calle sin ningún lugar a donde ir. Esta situación venía acompañada de un discurso sobre la inseguridad, el orden público y los problemas causados por esta comunidad, lo que ponía un signo de igual entre Roms y delincuencia. Así el gobierno mataba dos pájaros de un solo tiro: mientras que con las expulsiones reconfortaba al electorado reaccionario, en el plano legal solo se trataba de personas volviendo “voluntariamente” a su país y, por qué no, de “beneficiarios” de una ayuda del Estado francés.
Un plan perfecto… si no fuese por la famosa circular del 5 de agosto. Desde que quedó claro que la política del gobierno apuntaba antes que nada a la expulsión de los Rom, que son ciudadanos europeos (aunque de segunda categoría), éste tuvo que buscar otra justificación legal. Y la encontró en las “leyes comunitarias”. Como dicen los eurodiputados del bloque derechista PPE (Partido Popular Europeo), M. Weber y S. Busuttil: “La directiva 2044/38/CE da a los ciudadanos de la UE el derecho de circulación y de estadía libre en el territorio de todo Estado miembro. Pero ésta prevé igualmente obligaciones claras. Para toda estadía de más de 3 meses es obligatorio tener un empleo o recursos suficientes para no transformarse en una carga financiera para el Estado que lo acoge. Al mismo tiempo, la libertad de circulación puede ser restringida por razones de seguridad pública. Incluso se puede proceder a expulsiones, si son justificadas y se hacen caso por caso” (Le Monde, 9/9). Este es el argumento que retomó el gobierno francés. De este modo, pasamos de un primer discurso sobre la “inexistencia” de las expulsiones a uno que las asume orgullosamente ya que se tratan de expulsiones justificadas por la defensa del “orden público”. Evidentemente, de nada sirve buscar cuáles son los delitos que cometieron los casi 1.000 Roms expulsados de Francia desde julio.
Una vez más queda claro que la burguesía cuenta con todas las “garantías legales” para aplicar sus políticas racistas funcionales a sus intereses. Sarkozy y la burguesía francesa utilizan el discurso anti-Rom en este momento para desviar la atención de los trabajadores de la reforma del sistema jubilatorio. La movilización contra ese ataque del 7/9, con casi 3 millones de personas en la calle, demuestra que esta táctica no está dando muchos resultados.

Fascismo, deportaciones y “orden público”

Durante la Segunda Guerra Mundial el régimen fascista de Ion Antonescu en Rumania deportó a más de 25.000 Roms (12% de la población Rom en esa época) hacia campos de concentración. De estos, 11.000 murieron de hambre, de frío y de enfermedades. Los criterios de selección de los candidatos Rom a la deportación “se apoyaban en el nomadismo y, en el caso de los Roms sedentarios, en las condenas penales, robos y la falta de medios de subsistencia. En ciertos documentos, las autoridades se referían también a la necesidad de deshacerse en las ciudades y pueblos de las poblaciones Rom pobres, sin actividad, sin oficio, sin medios de subsistencia, sin ninguna posibilidad de ganarse la vida, en las que ciertos miembros ganaban su vida robando y mendigando” (“Rapport final de la Commission sur l’Holocauste en Roumanie”, 11/11/04).
Como vemos, la UE no inventó nada nuevo. El pretexto del orden público y la falta de recursos para expulsar a gente de su territorio es mucho más viejo que ésta… y los fascistas pueden exigir “derecho de autor”. La UE es una utopía reaccionaria por donde se la mire; incluso una medida que podría representar cierta ventaja parcial para los trabajadores, como es “libre” circulación, si se la examina de cerca queda claro que para una gran parte de la clase trabajadora ésta no existe.