7.2.17

Sacré Coco. Fillon voit en Macron un danger « d’extrême gauche »



Philippe Alcoy

Toute une opération de Com’ pour pas grande chose. En réalité oui : présenter François Fillon et sa famille comme des victimes. Mais dans cette petite séquence commencée ce week end avec l’impression de 4 millions de tracts obscènes dénonçant une soi-disant « chasse à l’homme », le résultat est plus que mitigé. Au milieu du cynisme, des mensonges éhontés, François Fillon n’a pas hésité à se présenter comme l’Homme providentiel d’une France au bord du chaos. Ainsi, il a prononcé quelques mots contre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ses principaux rivaux. Mais une petite phrase semble avoir passée complètement inaperçue. Imaginant un « terrible scénario » où au second tour les électeurs auraient à choisir entre le FN et le candidat d’En Marche, il a affirmé : « la vérité c’est que malgré tout ça, une majorité de Français de droite souhaite que je porte mon projet de rupture. Parce qu’une majorité de Français de droite ne veut pas être confrontée au choix entre M. Macron et Mme Le Pen. Entre un programme d’extrême gauche (…) et un programme qui ne comporte rien d’autre que des affirmations sympathiques et des dépenses nouvelles ».

Nous apprenons non seulement que pour Fillon le FN propose des choses plutôt « sympathiques » mais coûteuses, mais que pour le candidat de Les Républicains Macron serait une sorte « d’étoile montante de l’extrême gauche ». Ni plus ni moins ! Pendant son discours, Fillon a expliqué comment il a été affecté par « toute cette affaire » (notamment pour esquiver les – rares – questions embêtantes des journalistes). Est-on devant un début de démence politique profonde ou juste une expression de plus de cette droite dure et bête, à l’image de Michelle Alliot-Marie qui comparait l’investigation sur l’emploi fictif de Penelope Fillon à une « dictature communiste » ?

Cependant, là c’est trop grossier. Entre ridicule et pathétique même. Rien de plus éloigné de la réalité que de présenter un populiste néolibéral comme Emmanuel Macron comme un représentant de « l’extrême gauche ». En réalité, pour Fillon et son équipe il s’agit de recourir à tout type de mensonge, gros s’il le faut, et de déformation de la réalité pour essayer de se maintenir dans la course et arriver, coûte que coûte, à un éventuel second tour face au FN, ce qui signifierait, d’après eux, la victoire assurée. Mais vue la performance du « champion de la droite », personne n’est capable aujourd’hui de mettre sa main au feu pour cette option.

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