4.7.15

Des milliers contre la Troïka dans les rues de Paris


Philippe Alcoy

A l’appel de plusieurs organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires) et politiques (NPA, PCF, Parti de Gauche, entre autres) cinq mille personnes ont défilé dans les rues de Paris pour exprimer leur solidarité avec les travailleurs et la jeunesse de Grèce et pour dire NON au chantage de la Troïka.

Aux cris de « c’est pas les grecs, c’est pas les réfugiés, c’est les capitalistes qu’il faut virer » ou encore le traditionnel « so, so, solidarité avec le peuple grec » la foule attirait l’attention des passants, des touristes et des clients des bars et restaurants. Un défilé Bastille-Nation pour dénoncer l’austérité imposée aux classes populaires en Grèce.

Alors que nous sommes à trois jours du référendum convoqué par le premier ministre grec Alexis Tsipras sur les mesures d’austérité proposées par la Troïka et que personne ne peut affirmer avec certitude si c’est le « oui » ou le « non » qui l’emportera, dans la manif parisienne c’était clairement le « Oxi » (non) qui l’emportait.

Avec des cortèges syndicaux et politiques assez fournis, cette démonstration de solidarité internationaliste est très importante. En effet, ces dernières heures les pressions de la part de la presse capitaliste, des différents dirigeants internationaux et de l’opposition locale se sont multipliées pour que les électeurs votent « oui ». D’ailleurs, aujourd’hui trois députés du partenaire de Syriza au gouvernement, les Grecs Indépendants (Anel), ont déclaré être prêts à voter « oui ». Sans aucun doute ces défections font écho aux hésitations de ces dernières heures du gouvernement grec lui-même.

Les politiques antipopulaires que les puissances impérialistes sont en train d’imposer en Grèce ne tarderont pas à être appliquées aussi dans les autres pays d’Europe. C’est pour cela que la solidarité internationaliste des travailleurs du continent avec les classes populaires en Grèce est fondamentale, à commencer par ceux des pays créanciers.

Même en cas de victoire du « non » au référendum de dimanche, il est évident que cela ne suffira pas pour faire reculer la Troïka et encore moins pour mettre fin aux politiques d’austérité. Il faudra continuer la mobilisation et la développer. En effet, on ne peut pas exclure que la Troïka propose de revenir à l’accord austéritaire proposé par Tsipras lundi 22 juin dernier qui acceptait 90% des propositions des créanciers ou encore qu’elle prenne comme base de négociation la dernière proposition de Tsipras où il acceptait pratiquement toutes leurs exigences.

En ce sens, le mouvement ouvrier et la jeunesse en Grèce doivent rentrer en action, indépendamment du gouvernement et de toutes les alternatives capitalistes et impérialistes, pour défendre leurs intérêts, exiger l’annulation de l’ensemble de la dette et la fin de toutes les mesures d’austérité, parmi d’autres mesures urgentes.

Mais pour mener à biens ces revendications le mouvement ouvrier grec et la jeunesse ont besoin du soutien des exploités et des opprimés de toute l’Europe. C’est en ce sens que se pose la question d’une grève générale européenne de solidarité avec le peuple grec, qui puisse ensuite aussi aborder des revendications spécifiques dans chaque pays. Aujourd’hui dans l’heure grave que vivent nos sœurs et frères de classe en Grèce, il est déterminant que les travailleurs, les jeunes et l’ensemble des opprimés et exploités exigent aux directions syndicales d’organiser concrètement la solidarité internationaliste contre les diktats de la Troïka et de ses alliés locaux en Grèce.

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