6.5.15

Jean-Pierre Chevènement et le « viol des Nègres »



Philippe Alcoy

Le « viol des Nègres » par l’Armée française en Afrique est toujours d’actualité. Mais il est surtout toléré, dissimulé et justifié par le personnel politique et les institutions de l’impérialisme français et au-delà. C’est ainsi qu’après Jack Lang et son infâme « y’a pas mort d’homme » à propos de l’agression sexuelle de DSK sur Nafissatou Diallo au Sofitel de New York, surgit maintenant un Jean-Pierre Chevènement qui justifie le viol d’enfants centrafricains par des militaires français.

Invité d’Europe 1 dimanche 3 mai, l’ancien ministre a en effet tenté de minimiser et de justifier ces actes odieux en déclarant : « Il est clair que le fait de se trouver au contact des populations malheureuses, abandonnées peut favoriser les comportements de ce type ».

Quand une journaliste qui l’interviewait a réagi en disant que « quel que soit le contexte, aussi sombre soit-il, et François Hollande l’a rappelé, il faut être implacable face à ce qui s’est passé », Chevènement n’a pas hésité à semer le doute sur les faits eux-mêmes : « il faut d’abord que les faits soient reconnus, avérés (…) C’est une indiscrétion qui est à l’origine de tout ça… ».

Ces déclarations révoltantes, manifestation d’un mépris total pour des populations soumises aux interventions militaires de l’impérialisme français, ne visent qu’une chose : « blanchir » l’Armée. Chevènement ose dire : « laissons l’armée française au dessus de tout cela parce que l’armée française rend beaucoup de services ; elle s’acquitte avec beaucoup de professionnalisme des tâches qui lui sont confiées ». Une provocation totale !

Mais il n’est pas le seul à s’exprimer dans ce sens. Le ministre de la Défense lui-même, Jean-Yves Le Drian, déclare : « Si d’aventure un seul d’entre eux [les soldats français] a commis de tels actes, qu’il se dénonce immédiatement. (…) Si quelqu’un a sali le drapeau, parce que c’est de cela qu’il s’agit, il faut qu’il le dise dès à présent, car cela revient à trahir ses camarades, l’image de la France et la mission des armées ».

Ces propos ajoutent d’ailleurs au cynisme l’hypocrisie la plus éhontée. Le ministre de la Défense ainsi que François Hollande lui-même étaient au courant depuis neuf mois de l’affaire. Rien n’avait pourtant été fait jusque-là pour « élucider » les évènements. L’enquête n’a même pas avancé. Et aujourd’hui ils osent dire qu’ils n’ont rien voulu cacher.

Tout cela démontre non seulement le mépris et l’arrogance de la caste politique française envers les peuples opprimés par l’impérialisme, mais surtout sa décadence et sa médiocrité. Le viol d’enfants et de femmes n’est pas une nouveauté pour l’impérialisme français. La France a été l’une des puissances coloniales les plus brutales. Les crimes commis contre les populations locales sont indissociables de sa politique étrangère d’oppression et de spoliation. C’est pour cette raison que c’est une tâche internationaliste centrale du prolétariat en France d’exiger le retrait immédiat de toutes les troupes française d’Afrique et d’ailleurs. Aujourd’hui plus que jamais les classes populaires doivent reprendre le mot d’ordre : troupes françaises HORS D’AFRIQUE !

5/5/2015.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire