31.12.16

Au diable Schengen. Anecdotes des moyens de transport pour les pauvres




La route est longue. Et on peut dire que le voyage est assez inconfortable. En réalité, on doit surtout dire ça. Il ne faudrait pas être très grand. Il ne faudrait pas avoir quelques kilos en trop. Il ne faudrait pas avoir mal de dos... En réalité, on en sort avec mal au dos. Et au cou. Et aux jambes. Et aux bras. 


On essaye de dormir dans ces petites places. Petites sont les places en effet, mais il n'en reste pas une de libre. Car si les pauvres ne voyagent pas, quand ils voyagent c'est ainsi que cela se passe. Mais au moins on nous met un film. Belmondo joue le héros français en Allemagne nazi. Le film est très mauvais en réalité ; à prendre les gens pour des idiots.


Noël. Nouvel an. C'est la fête. C'est le retour depuis quelque part en Europe centrale. Xénophobie aidant, c'est trop louche que parmi c'est relégués il n'y ait pas de "passager clandestin". On s'arrête. Contrôle de passeports, au diable Schengen.


Le film avec Belmondo était mauvais certes. Mais on y voyait un contrôle de passeports à bord d'un train par des officiers allemands. "Passeport control" annonce le conducteur. Les lumières s'allument réveillant tout le monde. Les bruits de ronflements laissent la place aux murmures. Un policier allemand monte. Il descend avec un passeport douteux. Il revient avec le passeport douteux. Tout va bien. Avant de partir il dit "happy new year". Et une partie du bus répond en chœur "happy new year". J'avais juste envie de lui dire: "fuck you!". Mais j'ai préféré essayer de me rendormir.

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