1.2.16

L’extrême-droite suédoise montre les muscles… contre des enfants réfugiés !


Philippe Alcoy

Stockholm, Suède. Pour ces 50-100 individus il s’agissait, vendredi soir dernier, de jouer leur rôle de patriotes, comme il se doit. Car, tel qu’indiqué sur le tract qu’ils distribuaient, « il y en a eu assez ». C’est en effet pour infliger aux « enfants des rues nord-africains le châtiment qu’ils méritent » que ces militants d’extrême-droite s’étaient donné rendez-vous à la gare centrale de Stockholm. Toute une démonstration de courage…

Selon des témoins de la scène, le groupe s’est attaqué aux enfants de rue migrants et à toute personne qui aurait l’air d’un étranger. La police a arrêté cinq personnes mais en a relâché trois presque immédiatement. Les autres seront poursuivis, en principe, pour des délits qui n’ont rien à voir avec l’incitation à la haine raciale ou avec des crimes racistes.

D’ailleurs, samedi un responsable de la police déclarait, presque soulagé, qu’«  aucune plainte de victimes potentielles n’avait été déposée ». Comme si les migrants menacés d’expulsion, humiliés au quotidien et privés de tout droit pouvaient se donner le « luxe » de porter plainte !

Après l’attaque, le Mouvement de Résistance Suédoise, un groupe néo-nazi, se félicitait dans un communiqué d’avoir « nettoyé [le secteur] des criminels immigrés venus d’Afrique du Nord qui sont logés dans la zone autour de la gare ».

Face à un tel spectacle on ne sait pas ce qui est plus choquant, la barbarie de l’acte ou son pathétisme. Sans aucun doute un mélange des deux. Mais qu’une chose soit claire : l’extrême-droite en Europe agit de plus en plus ouvertement et sans complexe, il n’est pas exagéré de dire que ce qui s’est passé à Stockholm vendredi soir a été une répétition générale de pogrom.

Combien de temps reste-t-il encore avant que des bandes d’extrême-droite (ou de « voisins excédés » comme aime les appeler la presse française) s’attaquent à des quartiers ou de camps de fortune habités par des migrants ? Combien de temps avant que ces milices systématisent les attaques contre des migrants en pleine rue ou dans des espaces publics comme en Suède ?

Et face à cela on ne peut évidemment pas faire confiance à la police qui, dans tant de cas, est complice matériellement et idéologiquement, quand elle ne fournit elle-même des militants à ces groupes xénophobes, racistes et profondément anti-ouvriers et anti-populaires.

Mais les principaux responsables dans le racisme et la xénophobie montante ce sont les Etats européens. Tous, sans exception, sont responsables. L’Etat suédois par exemple a reçu, en 2015, 163.000 demandes d’asile et le ministre de l’Intérieur, Anders Ygeman, a annoncé que le pays entend expulser près de la moitié de ces migrants, dont la demande d’asile a été ou sera rejetée.

Les médias dominants, sont au service de ces campagnes réactionnaires. On l’a bien vu face aux attaques sexistes lors du nouvel an à Cologne où tous les grands médias s’accordaient pour responsabiliser les migrants des faits. Ils n’ont fait ainsi qu’apporter leur grain de sable à la course réactionnaire dans laquelle est rentré l’ensemble des gouvernements européens et préparent ainsi le terrain à des attaques racistes et xénophobes comme celles que l’on a vues vendredi dernier à Stockholm.

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