21.11.09

De la main de Thierry Henry…

20/11/09

La France ira à la Coupe du Monde d’Afrique du Sud en 2010 ! Mais cette qualification a créé un petit scandale puisqu’elle a été obtenue grâce à une action controversée : le contrôle du ballon avec la main de la part de Thierry Henry qui lui a permis de faire une passe décisive.
Cette situation a créé une vague de réactions allant dès les propres joueurs jusqu’aux premiers ministres irlandais et français et à Sarkozy lui-même. Dans les journaux on parle de « honte », de « tricherie », de la « tragédie irlandaise » après un match « héroïque » de la part de ces derniers…
Mais ne soyons pas dupes, cela fait longtemps que le football est devenu un bisness phénoménal et une grande opportunité de profits pour les capitalistes. Par exemple, lors de la Coupe du Monde de 2006, en France « les dépenses des ménages avaient grimpé de 0,7 % au deuxième trimestre 2006, tirées notamment par les achats de téléviseurs plasma. Ils avaient enregistré une hausse de 95 % entre avril et juin, avec 2,2 millions d'unités vendues. Et Kesa, la maison mère de Darty, avait alors vu son résultat opérationnel grimper de 29 % » (Les Echos, 20/11/09). Et cela sans parler des bénéfices liés aux droits de transmission télévisée, à la vente de journaux sportifs (pour L’Equipe la Coup du Monde représente une augmentation d’entre 10% et 15% des recettes publicitaires), à la vente de billets d’avion, aux réserves d’hôtels et à la vente de billets pour les matchs. De leur part, les intégrants de l’équipe française et les collaborateurs ont aussi des enjeux économiques très importants à défendre. Par exemple, R. Domenech, l’entraîneur français, empochera 862 mille euros grâce à la classification !
Dans ce sens, il est clair que toutes les condamnations morales faites au geste de T. Henry ne relèvent que de la naïveté ou de l’hypocrisie. Par exemple, quand « Jean-François Rial, le PDG de Voyageurs du Monde, partenaire de Pass for Sport, l'une des agences accréditées par la Fifa » dit que la qualification « c'est une très bonne nouvelle » mais qu’il est « outré par la manière dont [cela s’est déroulé] » il a à peine du mal à cacher son hypocrisie. Il va de même pour les déclarations de T. Henry selon lesquelles « la solution la plus équitable » ce serait de rejouer le match, alors que « la FIFA [avait] pourtant confirmé, un peu plus tôt dans la journée, que le match France-Irlande, barrage retour pour la qualification au Mondial 2010, ne [pouvait] pas être rejoué, conformément aux lois du jeu » (Le Monde, 20/11/09).

Une tricherie préméditée ?

Il est évident que le geste de T. Henry n’a pas été prédéterminé car il est impossible de préméditer un tel acte. Or, ce qui est clair c’est que l’opportunité s’est présentée et il n’a pas douté à faire le geste ni à fêter le but… et cela, bien évidemment, aurait été de même pour un joueur irlandais. Or, ce qui est moins compréhensible et intolérable c’est l’esprit réactionnaire des règles du football qui n’utilisent pas la technologie pour résoudre ces problèmes qui pourraient tranquillement déjà appartenir à une autre époque. En effet, quelques instants après le but de la France, grâce au « ralenti », toute la planète pouvait voir que Henry avait triché… quel est l’empêchement majeur pour que les arbitres ne s’en servent pas ?
En définitive, tant que le sport soit rodé par des intérêts économiques de monopoles parasitaires, le « fair-play » tant vanté par les organismes officiels du sport ne sera qu’une chimère.

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