22.6.12

En Grèce aussi : pour l’indépendance de classe et une orientation révolutionnaire du monde du travail !




L’actualité grecque (plans d’austérité à la chaîne, résistances sociales et « nouveaux » phénomènes politiques) est une anticipation de ce que pourrait se passer dans le reste de l’Europe. En ce sens, il est fondamental que l’ensemble du parti puisse s’emparer du débat.


C’est une question essentielle pour la formation des camarades, pour les discussions avec notre milieu, mais aussi, et avant tout, pour s’opposer aux amis français de la direction de Syriza, la direction du Front de Gauche. Celle-ci nous propose une nouvelle mouture de l’anti - libéralisme à la « gauche de la gauche », alors que ce dont nous avons besoin, c’est d’une orientation révolutionnaire qui soit à la hauteur de la situation et utile aux luttes de notre classe.

 Ecrasés par les politiques appliquées par des gouvernements PASOK/Nouvelle Démocratie ou « techniques » aux ordres de la Troïka, beaucoup de jeunes et de travailleurs grecs radicalisés, à la recherche d’une alternative, ont opté pour Syriza aux élections de mai et juin. Mais le mouvement politique emmené par Tsipras et qui est arrivé à nouveau en seconde position aux élections de juin représente avant tout une alternative électorale, dans le cadre du régime et sans mettre en cause l’UE. Alors que les grèves, les mobilisations, les occupations et les affrontements caractérisent la situation depuis 2010, la période pré-électorale a marqué clairement une « pause » dans cette dynamique. Ainsi, même si les résultats de Syriza témoignent des expectatives d’une partie des masses à l’égard d’un potentiel « gouvernement de gauche », ils montrent surtout une canalisation sur le terrain électoral et institutionnel des résistances populaires. Syriza présente en effet un programme de réformes dans le cadre des institutions bourgeoises nationales et européennes : renégociation des mémorandums, « audit citoyen » pour payer seulement la partie « légitime » de la dette, contrôle public des banques, proportionnelle intégrale aux élections, etc. En outre, à l’approche des élections de juin, Syriza a modéré de plus en plus son discours et son programme. 

Alors que plusieurs courants politiques, impressionnés par le résultat électoral de Syriza, nous invitent d’une façon ou d’une autre à soutenir ce projet réformiste, il nous semble indispensable, au contraire, de soutenir une option révolutionnaire, politiquement indépendante, luttant pour gagner à cette perspective de larges couches du prolétariat et des secteurs populaires, pour que la classe ouvrière devienne politiquement capable de disputer l’hégémonie à la bourgeoisie sur la société, une option dotée d’un programme résolument opposé à la conciliation de classes prônée par le réformisme.

Les révolutionnaires sont les seuls à défendre un programme articulé autour de mesures d’urgence (annulation unilatérale de la dette et des mémorandums), combinées à des mots d’ordre transitoires (nationalisation des banques et des entreprises stratégiques, sans indemnités ni rachat, sous contrôle des travailleurs, échelle mobile des heures de travail, etc.). Ceci suppose d’avancer la perspective d’un gouvernement des travailleurs. L’enjeu est que le monde du travail tire la conclusion qu’il faut lutter pour la prise du pouvoir, basée sur l’auto-organisation des travailleurs, les meilleures traditions de la démocratie ouvrière et la destruction des institutions bourgeoises. 

Pour que les masses avancent dans cette direction, il est urgent d’en finir avec les divisions imposées au mouvement ouvrier par les bureaucraties syndicales et les directions réformistes. Il faut lutter pour construire un front unique de toutes les organisations politiques et syndicales des travailleurs, avec liberté d’expression pour les tendances du mouvement ouvrier. C’est la seule façon d’appliquer le « marcher séparément et frapper ensemble ». Ce front constituerait un pôle d’attraction pour des millions de travailleurs, mais aussi de larges secteurs des classes moyennes ruinées. Une telle dynamique pourrait favoriser le surgissement d’organes de contre-pouvoir alternatifs à celui de l’Etat bourgeois. C’est uniquement ainsi que les révolutionnaires pourront réellement lutter contre l’avancée des tendances réactionnaires et fascistes

La tâche fondamentale des militant-e-s en Grèce, mais aussi dans le reste de l’Europe, c’est de préparer cette alternative révolutionnaire à l’austérité tout en luttant pour l’unité des travailleurs. A l’inverse, certains préfèrent semer des illusions vis-à-vis de phénomènes électoraux réformistes incapables de renverser la vapeur contre le patronat et la bourgeoisie, ce qui conduit les masses droit dans l’impasse. C’est en ce sens que la Grèce est un laboratoire de la lutte des classes.

Christian F. (78), Philippe (93), Laura (93)

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